Un chantier pluridisciplinaire : la cathédrale de Clermont (du XIIIe au XIXe siècle)

Date de l'événement : 
Jeudi 6 mai 1999 - 18:30
Auteur : 
Anne Courtille
Thèmes Jeudis du patrimoine : 

Le chantier de la cathédrale de Clermont fut lancé en 1248 par l’évêque Hugues de La Tour. L’architecte Jean Deschamps élabora un projet suffisamment cohérent pour qu’il soit respecté en dépit des difficultés de mise en œuvre sur plusieurs décennies. Il exprimait l’art de bâtir presque "institutionnel" dans sa perfection classique du XIIIe siècle : couronne continue de chapelles rayonnantes pentagonales, autour d’un déambulatoire spacieux, élévation tripartite dans le chœur avec un triforium obscur, transept non saillant mais avec un triforium ouvert et des roses à rapprocher de celles de Notre-Dame de Paris. Dans les années 1280, le chantier commença à s’essouffler pour venir buter seulement vers 1330 contre la façade de l’église précédente qui ne sera démolie qu’au XIXe siècle avec le projet de Viollet-le-Duc. Il faudra particulièrement remarquer les ogives finement toriques des voûtes quadripartites pénétrant directement dans le mur, procédé alors novateur, les chapiteaux et les clés aux feuillages de plus en plus naturalistes vers l’ouest, les remplages des baies qui évoluent aussi à l’ouest vers le flamboyant, et à l’extérieur les terrasses que Jean Deschamps a préférées aux toits sur le déambulatoire, les chapelles et les bas-côtés. Il y subsiste de rares épures des portails et des remplages des baies. Le toit en plomb du vaisseau central date du XVIe siècle remplaça l’original couvert de tuiles (en 1334-35, les chanoines en avaient commandé 3700).

La sculpture des portails a été largement détruite pendant la Révolution. Subsiste cependant le Christ du portail Nord conservé dans la chapelle Sainte-Agathe (la Vierge du trumeau est à voir dans l’église des Minimes place de Jaude). Au Nord, il faut voir au-dessus du portail la frise et ses figures fantaisistes et le grand gable orné des arts libéraux autour du pélican.

La pierre de Volvic a donné à l’édifice une personnalité particulière dont un enduit coloré devait atténuer à l’origine la sévérité. Outre les maîtres-verriers, les peintres ont été très actifs dans le déambulatoire et les chapelles rayonnantes : Crucifixion encadrée de saint Loup et de sainte Agathe, combat de croisés et de sarrasins, supplices de saint Georges…

Bibliographie :

B. Craplet, La cathédrale de Clermont, Lyon, 1976

A. Courtillé, La cathédrale de Clermont, Nonette, 1994 (bibliographie)

Image d'illustration de l'événement