Manuscrits et chartes : éléments de comparaison et de confrontation des documents clermontois

Date de l'événement : 
Jeudi 26 octobre 2006 - 10:00
Auteur : 
Marie Saudan
Thèmes Jeudis du patrimoine : 

Copistes et scribes, manuscrits et chartes : deux mondes qui s’ignorent ? Bien que surprenante, l’idée d’une comparaison de deux fonds de documents antérieurs au XIVe siècle n’est pas saugrenue. La richesse du fonds des manuscrits de la BCIU et du fonds ancien des Archives départementales du Puy-de-Dôme ouvre d’immenses perspectives. Malgré leurs différences, ces deux fonds ont des points communs, à commencer par une histoire croisée. L’existence d’inventaires anciens de bibliothèques clermontoises (Saint-Alyre, chapitre cathédrale…) permet de comparer les titres formant ces bibliothèques. C’est l’occasion de s’attacher à l’analyse de la liste de livres du manuscrit 102 et aux inventaires du trésor cathédral. Après des comparaisons portant sur le fond et le contenu des manuscrits et des actes, l’étude des caractéristiques formelles, tant du point de vue de l’écriture que de l’iconographie, montre à nouveau des points communs et des dissemblances intéressantes. Ce sera l’occasion de plonger au cœur de quelques manuscrits et de voir des actes des évêques et du chapitre de Clermont.

La bibliothèque de Saint-Alyre, connue par deux listes du XIIe siècle (ms 241, f°3 et f°42°) a une composition proche de celle du chapitre cathédral, révélée par une liste du Xe siècle (3G, Arm. 18, sac A, 6) : la bibliothèque du chapitre a été prise comme modèle pour la constitution de celle de Saint-Alyre ou une partie est passée au monastère.

La comparaison de la vision de l’abbé Robert à propos de la cathédrale d’Etienne II et d’une statue de la Vierge (ms 145, XIe s.) avec les actes des AD63 fournit des éléments sur l’entourage de l’évêque, sur l’impact de la construction et montre que la dédicace à Marie est antérieure à l’épiscopat d’Etienne II, qui n’a pas cherché à l’imposer.

Pas de mains identiques mais des écritures proches : c’est le fait de scribes peut-être formés dans un même milieu. La différence est flagrante pour les lettres ornées, travaillées et nombreuses dans les manuscrits et très simples dans les chartes. Fait exceptionnel, un acte de 1021 des AD63 comporte un dessin au trait : la tête d’un ecclésiastique. La confrontation avec le dessin de la Vierge en majesté (ms 145), du XIe siècle, montre des ressemblances : nez, forme du visage... L’un des dessins n’a-t-il pas inspiré l’autre, d’autant que le manuscrit 145 aurait appartenu au chapitre cathédral ? A l’inverse, les différences sont importantes pour d’autres dessins.

La richesse des fonds laisse la porte ouverte à d’autres études. Il y a plus de points communs que l’on aurait pu le supposer. Les informations se complètent et se recoupent. Se dessine l’existence d’un milieu de clercs lettrés autour du chapitre et de Saint-Alyre.

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