Les Manuscrits de l’Abbaye de Pébrac

Date de l'événement : 
Dimanche 22 octobre 2000 - 18:30
Auteur : 
Jean-Loup Lamaître
Thèmes Jeudis du patrimoine : 

L’abbaye de Pébrac (Haute-Loire, cant. de Brioude), a été fondée à Noël 1062 par Pierre de Chavanon. Celui-ci, né vers 1007, appartenait à une famille du pays de Langeac. Alors qu’il est archiprêtre de Langeac, on lui confie la responsabilité d’un monastère de moniales voisin, Saint-Pierre-des-Chases. Plusieurs miracles se produisent alors qu’il s’occupe de celles-ci. En 1062, souhaitant se retirer au désert avec deux compagnons, l’évêque de Clermont lui confie l’église de Pébrac, dont saint Pierre lui avait révélé l’état d’abandon. Il se fait alors chanoine, sous la règle de saint Augustin, et s’installe dans ce lieu, où il entreprend de reconstruire l’église. L’évêque de Clermont et quelques évêques voisins confient alors à la petite communauté des paroisses récupérées sur les laïcs. Pierre meurt le 8 septembre 1080/1081 et des miracles se produisent sur sa tombe. Vers 1130, l’abbé Pons demande au chanoine Etienne d’écrire sa vie. En 1097, le pape Urbain II érige la prévôté en abbaye, qu’il prend sous sa protection. Les bâtiments, toujours en place, sont restaurés au XVe siècle par divers membres de la famille de Flaghac. En 1525, le régime de la commende s’installe, avec Jean de Langeac. En 1634, le nouvel abbé, Jean-Jacques Olier, tente de réformer la communauté, mais échoue. En 1649, Pébrac passe dans la congrégation des chanoines réguliers de Sainte-Geneviève. 1791 marque la fin de l’abbaye.

Comme la plupart des abbayes auvergnates, Pébrac n’a pas laissé d’inventaire ancien de ses livres. On doit même se demander si l’abbaye a possédé une bibliothèque ? La pauvreté des archives conservées ne permet pas de répondre à la question, mais il ne faut pas oublier que les chanoines réguliers étaient avant tout préoccupés par la pastorale et non par les études. Quelques manuscrits provenant de l’abbaye ont pu être retrouvés ; ils renferment :

- des textes hagiographiques : la Vie de saint Pierre Chavanon par Etienne, chanoine de Pébrac (Ms. Clermont, bibl. mun., ms. 841, XIVe-XVe siècles, Bruxelles, bibl des Bollandistes, ms. 140, copie XVIIe siècle ; - un légendier, les Flores sanctorum multicolores (Brioude, bibl. mun., ms. 2, daté de 1454)

- des traités scolastiques : l’Histoire scolastique, de Pierre le Mangeur, suivie de l’Histoire des Actes des apôtres, attribuée à Pierre de Poitiers (Brioude, bibl. mun., ms.1, XIIe siècle) ; ainsi que le Commentaire sur la règle de saint Augustin d’Hugues de Saint-Victor (Clermont, bibl. mun., ms. 841, XIVe-XVe siècle)  ;

- des textes liturgiques : un bréviaire portatif (Clermont-Ferrand, bibl. mun., ms. 842, XVe siècle) ; un fragment de pénitentiel, addition du XIIIe siècle, sur un feuillet inutilisé de l’Histoire scolastique (Brioude, bibl. mun., ms. 1, f. 199v) ; la copie partielle d’un ordinaire composé en 1301, faite vers 1718 par le mauriste dom Jacques Boyer (Paris, BNF, lat 16814, f. 53-58). On ajoutera à ces manuscrits, pour mémoire un Ordo officii pour 1718 également copié par dom Boyer (Paris, BNF, lat. 16799, f. 229-256).

- un cartulaire, composé au XIIe siècle, avec des additions jusqu’au XVIe siècle (conservé dans une collection particulière de la Haute-Loire), également connu par une copie faite en 1711 (Paris, BNF, lat. 9855).

Tout cela ne fait pas une bibliothèque, mais témoigne cependant d’une petite activité intellectuelle, car ces manuscrits, à l’exception peut-être de l’Histoire scholastique, furent nécessairement écrits à Pébrac en raison même de leur contenu spécifique.

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