Etienne H.Thevenot (1797-1862), premier Inspecteur des Monuments historiques du Puy-de-Dôme

Date de l'événement : 
Jeudi 16 décembre 2004 - 16:30
Auteur : 
Françoise Gibert
Thèmes Jeudis du patrimoine : 

E.H.Thevenot est né à Montferrand en 1797, fils d’un général, petit-fils d’un architecte-entrepreneur montferrandais. Bachelier à 16 ans, doué en dessin et musique, il entre dans les Gardes du Corps du Roi en 1816. En 1830, chef d’escadron, il démissionne, rentre à Montferrand, se marie et s’installe Place d’Espagne où il demeurera jusqu’à sa mort en 1862. Thevenot qui a suivi le renouveau du vitrail réintroduit à Paris par le Comte de Chabrol, s’engage avec E. Thibaud dans la restauration des vitraux du XIIIème s. de la Cathédrale détériorés par un ouragan en 1835. En 1837, il ouvre son atelier de peintre-verrier et consacre sa vie au vitrail en tant que théoricien par ses recherches et écrits, et en tant qu’artiste et praticien.
Fin 1836, Thevenot entre en relation avec Mérimée en lui adressant ses Recherches historiques sur la Cathédrale et son Essai sur la peinture sur verre. En 1837, sur proposition de Mérimée il figure parmi les premiers correspondants des Monuments Historiques.
A travers cet homme d’exception, aux côtés d’une poignée d’érudits, antiquaires, archéologues, locaux (Gonod, Bouillet, Mallay…) c’est la genèse et les premiers travaux d’inventaire, de classement et de sauvetage de nos plus prestigieux édifices et églises qui, sur le plan national comme local, vont offrir « une gamme presque complète des problèmes tels qu’ils se poseraient au service pendant de longues années » (F.Bercé).
Prosper Mérimée succède en 1834 à Vitet comme Inspecteur Général des Monuments Historiques. Vitet présidera la Commission jusqu’en 1848, organisme scientifique chargé de gérer et répartir les subventions de l’Etat entre les départements.
Pour compléter le dispositif, un réseau de correspondants est mis en place. Ils fournissent à la Commission, sous couvert du préfet, les renseignements nécessaires pour décider du classement et des restaurations à subventionner.
Mérimée effectue 5 tournées d’inspection en Auvergne : 1837, 1846, 1850, 1851 et 1853. Il relate la première dans ses Notes de voyage en Auvergne. Il visite N.D. du Port, la Cathédrale, s’étonne de trouver si peu d’antiquités romaines et pas de musée, se rend à Gergovie avec Thevenot, Royat, Chamalières, Montferrand, Saint-Nectaire, Thiers, la Sainte Chapelle de Riom et Saint-Amable, Mozat, Ennezat et termine par Aigueperse.
Thevenot établit un rapport sur chaque édifice et l’adresse à la Commission des Monuments Historiques. Dès 1838, sont inscrites les églises d’Issoire, Ennezat, Saint-Nectaire et N.D. du Port.

Trois dossiers permettent d’illustrer le travail et l’influence de Thevenot :
• le classement et subventionnement de N.D. de Montferrand dès 1842,
• l’affaire des « affreuses peintures » de la crypte de N.D. du Port
• le sauvetage des verrières « presque ignorées » de la Sainte Chapelle de Riom, dont Thevenot se fera l’avocat avec ténacité et le restaurateur en 1858.

Image d'illustration de l'événement